La MANIPULATION est l’ensemble des pratiques visant à influencer la volonté et le libre arbitre d’autrui en le contrôlant. Cela s’obtient en usant d’un rapport de pouvoir, de séduction, de suggestion, de persuasion et de soumission non volontaire , et consentie par la crainte. L’intention est dans le cas de l’emprise, malveillante et perverse et vise un seul objectif : la destruction de la victime. Les principales différences entre influencer et manipuler viennent de l’intention. La manipulation mentale consiste à faire entrer la victime dans un piège psychologique,qui se renforcera au fil du temps. Il fonctionne sur la base d’une une communication particulière qui engendre le doute, la peur, la culpabilité, et un stress permanent. On entre en aliénation avec l’un deux, quel qu’il soit, chacun de ses principes alimentant le suivant, … ainsi l’aliénation s’installe.

L’EMPRISE constitue toujours un meurtre psychique ….parfois évident : maltraitances physiques, psychologiques, sexuelles, négligences, violences conjugales, viols, ….mais souvent il s’agit d’un crime parfait, difficile à prouver, rarement puni. » L’emprise recouvre tout empiétement durable, répétitif, délibéré, échappant au champ de la conscience, sur le territoire psychique d’autrui face auquel ce dernier reste impuissant, ligoté par le malaise qui l’étreint. C’est une agression unilatérale, subtile et perverse où l’agressé(e) peut se sentir, sans preuve tangible, privé(e) d’éléments pour comprendre et ajuster son attitude en toute connaissance de cause. » C’est l’état dans lequel se retrouve une personne qui va subir de manière répétée, quotidienne, implacable, des comportements qui alternent entre une tendresse feinte ou utile pour manipuler, et la violence, la maltraitance, les injures, le dénigrement, les reproches, le mépris. Le bourreau utilise sa victime comme un objet, pour défouler ses diverses pulsions, jusqu’à la dépersonnaliser. L’emprise s’installe complètement quand la victime ressent que tous les moyens de négociation sont épuisés, et que toute possibilité d’en sortir est vaine.


Pour comprendre comment une personne « normalement ordinaire « se laisse enfermer dans un système relationnel aliénant de l’emprise, il faut en repérer les mécanismes en action. Alors, en voici les principes :

FERRER LA PROIE : Le MANIPULATEUR PERVERS NARCISSIQUE, s’appuie sur deux clefs :

La blessure temporaire: est celle qui correspond à une fragilité du moment : après une rupture, un échec professionnel, un « accident de vie », une maladie ou quoique ce soit d’autre qui nous place en situation de faiblesse , on baisse son niveau de vigilance habituel, et on est plus disposé à voir arriver un sauveur, surtout s’il « colle » exactement à nos attentes profondes . Lui seul nous comprend .
La blessure structurelle: fait partie de notre « personnalité », elle est en place depuis longtemps. C’est comme si vous saviez dans le fond, (même si ce n’est pas ce qui paraît à l’extérieur ), que vous avez une mauvaise estime de vous , structurée à partir de votre enfance ; et vous savez aussi que vous êtes dépendant affectif, et que vous n’existez que dans et par les autres ; vous avez peur de l’abandon, du rejet, de la solitude , vous ne savez quoi faire d’une liberté en solo, et , par magie,…. cette personne arrive dans votre vie, et après s’être …. si tendrement et si méticuleusement , intéressée à vous, comme si elle vous connaissait par cœur ,… Miracle !, elle répond à toutes vos attentes ! Ses principes moraux correspondent aux vôtres : on vous admire, on vous flatte,on vous valorise par des paroles et des attentions, de la générosité …Et puis, tout va si vite, tout est si merveilleusement tourbillonnant, que vous êtes enivrée … ! Voilà, la deuxième clef : vous venez de fournir toutes les flèches que le MPN va vous décocher par la suite …

L’EMPRISE : s’articule sur 3 leviers essentiels :

Techniques comportementales :

Isolement : la victime est isolée de son milieu familial, amical et professionnel, l’isolement peut être d’ordre géographique sans moyen de locomotion. Contrôle de l’information : l’accès au tel comme à des loisirs peut aussi être restreint, la possibilité de se soigner est entravée. L’abus peut être d’ordre économique : empêcher d’avoir un travail rémunéré, obliger à demander de l’argent, ne pas lui permettre d’accéder au revenu familial, surveiller les dépenses avec des justificatifs précis …Le refus de communication est aussi un procédé d’isolement.
– La communication verbale :

La communication avec les mots embrouille et saoule. C’est le but .Les messages sont décousus, contradictoires, imprévisibles, énigmatiques, source d’étonnement et de perplexité, les phrases restent en suspend, avec des allusions jamais claires, la conversation saute du coq à l’âne,on ne comprend pas, on ne sait pas quoi répondre …. Souvent les discussions sont reprises en pleine nuit car le manque de sommeil est aussi une tactique pour embrouiller et déstabiliser. Comme l’essentiel de cette communication ne passe que par des messages codés, compliqués et confus, la victime, perplexe et inquiète, abdique, et n’est plus en capacité de comprendre et de répondre. Il s’agit d’une effraction mentale de premier ordre, car, à partir de là, la victime est prête à accepter beaucoup plus.

Cette communication verbale s’appuie sur un langage d’injonctions se référant à une « norme « à laquelle la victime doit se soumettre par des rappels à l’ordre perpétuels, sinon elle sera corrigée et punie (il s’octroie le droit de punir maintenant… ou plus tard,),d’autant que c’est à elle que revient toute la responsabilité du fonctionnement de la relation. Il se permet de montrer son irritation, sa désapprobation,sa colère ,il fait croire que la victime a le choix d’agir comme elle le souhaite mais si cela ne fonctionne pas, c’est qu’elle ne sait pas faire, n’a pas de goût , n’est pas à la hauteur et, … après avoir laisser faire , il ne tardera pas à critiquer, à reprocher , à détruire , tout ce qui aura été tenté .

La communication est paralysante en utilisant la technique de la » double contrainte «, qui consiste à émettre deux ordres, explicites ou implicites, de sorte que la victime, quelque soit le choix qu’elle fasse ne peut en satisfaire un sans en violer l’autre. La double contrainte exprime donc le fait d’être acculé à une situation impossible, et, où sortir de cette situation est également impossible. Ce qui entretient la peur de mal faire, augmente le doute, et in fine, paralyse !

Il change d’opinion, de comportement selon les situations, de sentiments, et nie avoir dit une chose …et son contraire quelques instants après. Il ment même devant les preuves, ce qui est une tactique pour signifier : « tu a vu, je mens effrontément, je ne m’en cache même pas, alors c’est dire jusqu’où je peux aller … !«.Et devant un tel culot, on en reste sans possibilité d’agir.

Il donne une illusion de » savoirs » sans jamais citer ses sources, en utilisant des mots et concepts vides et compliqués,joue le détenteur de révélations mystérieuses et supérieures, sait tout sur tout, et surtout, évidemment, bien plus que vous-même, surtout dans vos domaines de compétence !

La communication non verbale : est celle qui passe par le corps (rythme respiratoire, attitude corporelle, intonation de la voix, direction du regard…), elle représente sans doute la partie la plus authentique de notre communication, car si les mots peuvent être travestis, le corps lui, ne ment pas. Chacun le sait car nous l’avons tous déjà vécu. Le malaise que l’on éprouve face à quelqu’un qui dit quelque chose alors que toute son attitude corporelle prouve le contraire est une épreuve déstabilisante, à laquelle dans une relation d’emprise, la victime est soumise en permanence, ne sachant jamais à qu’elle impression elle doit se fier, ni si elle doit être en confiance ou pas. Sans parler du masque réservé pour l’extérieur, bien différent de celui montré à la maison.

Techniques cognitives et émotionnelles

On doute de ce qu’on a vu et entendu, de ce qu’on a cru comprendre, on perd ses certitudes, ses repères, ses propres valeurs. On doute aussi de ses propres compétences, de ce qui est juste et normal, de la réalité de ce qu’on ressent .Et enfin, on est humilié(e) et peiné(e) car nos émotions sont méprisées, moquées, ce qui renforce la frustration et la solitude tout en réactivant le doute sur la justesse de nos perceptions.

On a honte et on se sent coupable : par des atteintes constantes à notre dignité (insultes, mépris, moqueries, humiliations, discrédits, rumeurs), car malgré tous nos efforts pour satisfaire notre partenaire, cela n’est jamais suffisant ni bien fait. On est donc dévalorisé(e) par l’opinion de l’autre et par la nôtre également, la honte qu’on éprouve pour soi nous enlève toute possibilité de nous affirmer et de poser des limites. On a honte aussi de ce qu’on accepte de faire (intimité, fausses déclarations, relations avec les autres…)

On est responsable de la relation ,et seul,le négatif est au crédit de la victime. Cette forme de responsabilité est particulièrement perverse car elle allie culpabilité et impuissance:en effet,quand on est responsable de quelque chose , c’est qu’on a un pouvoir dessus ; or, ici, quoique la victime fasse , elle sera toujours impuissante à satisfaire la demande . Ce qui incite à l’immobilisme et à l’obéissance .

On a une dette, on est obligé(e) de « rendre « …par rapport à toutes les promesses, tous les services qui vont arriver, les relations qu’il va nous présenter, la belle vie qu’on aura…bientôt!, et aussi les conditions matérielles dans lesquelles » grâce à lui », nous vivons.

Techniques émotionnelles

On a peur et on est en état de stress permanent: soit les insinuations sont imperceptibles et contradictoires avec l’attitude corporelle, soit les menaces sont claires et précises. On s’habitue à vivre dans cet état de peur permanente, d’hyper vigilance à propos de tout, et on développe une faculté d’adaptation et de survie très préjudiciable à notre santé et physique et psychique.

L EMPRISE EST UNE PRISON !

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